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Historique ~
-3,5
milliards d'années :
Date présumée de l'apparition de la vie sur Terre.
-2
millions d'années :
Date présumée de la
conception de l'outil par l'homme. Cette révolution étend
les possibilités physiques d'une forme de vie naturelle par des procédés
artificiels. Par exemple, pour se défendre plus efficacement, l'homme
se fabriquera des griffes artificielles, au moyen de pierres et de bâtons.
Il comblera les défaillances de son pelage en empruntant celui
d'autres animaux. C'est le début des tentatives de "reproduction"
de la vie par l'homme.
-5000
ans avant J-C :
En mésopotamie, l'homme invente
l'agriculture, ce qui lui permet de développer la vie là où
elle n'aurait peut-être pas pu naître. Il ne reproduit pas
la vie, mais la multiplie en partant d'un matériel vivant. A cette
époque, l'humain développe également les premières
"machines", outils dôtés d'une certaine autonomie et à
ce titre, se rapprochant un peu plus d'une forme de vie. On peut citer le
cadran solaire comme étant l'une des plus vielles machines connues.
1642
:
Blaise Pascal met au point la première
machine à calculer. La "Pascaline" seconde l'homme lors d'opérations
d'addition et de soustraction. Cette machine est sans doute la première
à pouvoir mimer des processus mentaux. Pascal pensait d'ailleurs
qu'une machine ne serait jamais capable que de mimer des opérations
"froides", géométriques, sans âme.
1676
:
Gottfried Whilhelm Leibniz invente
une machine étendant les possibilités de la Pascaline aux
quatres opérations ae base. Il envisage qu'une machine puisse raisonner,
c'est à dire enchaîner des propositions élémentaires
pour effectuer des déductions. Il pense que la pensée est
réductible à une série de calculs, ce pourquoi il formule
la "logique", discipline originellement destinée à analyser
la pensée en termes algébriques.
1834
:
Charles Babbage imagine une machine
permettant de réaliser simultanément des calculs arithmétiques
et la manipulation d'expressions formelles. La "machine analytique" pouvait
par exemple prendre deux paramètres a et b en entrée, et calculer
automatiquement le résultat de l'expression (a+b)*(a-b).
1847 :
George Boole, dans le prolongement
des travaux de Leibniz, conçoit un formalisme algébrique résumant
toutes les figures logiques identifiées par les philosophes antiques
et médiévaux.
1870 :
William Stanley Jevons pose les bases
de l'intelligence artificielle : si les principes de la pensée sont
mathématisables (par Boole) et si une machine permet de mécaniser
les mathématiques (par Babbage), alors on peut mécaniser la
pensée.
1936 :
Alan Turing démontre
qu'une machine à états discrets (possédant un nombre
fini de configurations) est équivalente à une machine universelle,
laquelle peut effectuer toute fonction récursivement calculable,
sous réserve d'un temps opératoire fini. De plus, il défini
la notion d'intelligence artificielle selon des critères de perception
humaine et non en termes d'organisation interne de la machine : "Est
intelligente une machine qui fait illusion et passe pour intelligente aux
yeux des hommes." On s'attache ici aux ressemblances fonctionnelles entre
vie naturelle et artificielle. On s'écarte de la reproduction de la
vie à l'identique.
Années 40 :
Stanislas Ulam étudie les
automates cellulaires : il obtient des structures
géométriques complexes issues de configurations simples que
font évoluer des règles également très simples.
On assiste ainsi à l'émergence de propriétés
non programmées à la base, découlant des intéractions
entre éléments unitaires. Ulam assiste entre autres à
l'auto-reproduction de certains motifs géométriques, phénomène
émergent car aucunement programmé. On commence alors à
penser que la vie peut s'expliquer de la même façon, que
nulle force centralisée ou principe physique particulier ne la
pousse mais qu'elle est la conséquence de processus auto-organisateurs.
Avec l'aide d'Ulam
John Von Neumann parvient
lui aussi à simuler l'auto-reproduction. Il invente un automate
capable de construire toute structure dont il possède le plan. En
lui fournissant le plan de sa propre structure, l'automate est donc capable
de se répliquer à l'identique. Il est troublant de noter
que cette idée de Von Neumann précède de quelques années
la découverte de l'ADN par Watson et Crick...
Années 80 :
Développement
de l'approche informatique dite "distribuée". Ce courant romp radicalement
avec l'idée de systèmes experts, cer derniers circonscrivant
les procédures dans des structures spécialisées dans
un domaine précis. L'approche distribuée propose une répartition
des prises de décision en mettant en scène des "
agents" autonomes interragissant entre eux. De ces intéractions
peuvent émerger des solutions globales, découlant de l'auto-organisation
de ses parties.
Années
90 :
Développement des "
algorithmes génétiques". Directement inspiré
de la théorie de l'évolution Darwinienne, ce principe fait
appel aux lois de la sélection naturelle. De nombreux codes binaires
sont générés, puis certains sont écartés,
d'autres ayant la possibilité de se répliquer, de croiser
une partie de leur code avec d'autres et de muter...